lundi 28 août 2017

24h du Mans vélo 2017: fighting till the end!

On pourra dire que le niveau de cette nouvelle édition des 24h du Mans vélo est encore monté d’un cran!
Inscrits en équipe mixte à 8, on pensait y participer en mode loisir, sans se mettre réellement d’objectif.
Par contre on s’était quand même bien entraînés, histoire de profiter au maximum de la course, qui est unique en son genre.

Retour sur notre week-end palpitant:
Nous arrivons au camping du Houx vendredi en fin d’après-midi, sous 30°C.
C’est encore plus rempli que les deux années précédentes et on déniche finalement un emplacement pour notre team.
Nos co-équipiers arrivent peu après dans la soirée:
- Cédric Kermorgant, que j’appelle notre leader, très bon routier et fin tacticien
- Hadrien Curaso le grimpeur, remplaçant de dernière minute, lui aussi routier en 3ème catégorie
- Emeline Gaultier, spécialiste de cyclo-cross, passée aussi au triathlon
- Guillaume Dréan, triathlète, puissant sur la route
- Nos copains franc-comtois: Coralie Redelsperger, excellente vététiste, championne de France de Tri-cross et David Contant, à l’aise partout, super vététiste et triathlète lui aussi


Nous avons aussi emmené notre « grande » Anaëlle, qui rêvait de vivre cette expérience avec nous, de rouler sur le mythique circuit Bugatti et qui fera un peu de baby-sitting avec la fille de Guillaume.
Et notre chien de garde: Merlin, l’adorable chien berger australien des franc-comtois!
Tout ce petit monde est ravi de se retrouver ou de faire connaissance; je sens qu’on va avoir une bonne alchimie!
Après une nuit bercée par les runs des motos sur la route avoisinant le circuit, nous voilà prêts à découvrir le circuit.
Nous le connaissons déjà, mais c’est une première pour nos franc-comtois.
David commence d’ailleurs par crever son boyau sur un morceau de verre. Heureusement il en trouvera un autre, pour la modique somme de 30 € après négociations auprès d'un redoutable marchand de boyaux! 😊

Petite photo avec Coco sous l’immanquable pont Dunlop:

 
Les non moins célèbres Mini Redbull:


Ensuite, Anaëlle va participer à une balade sur le circuit avec son papa: il s’agit de « La familiale ». C’est chouette de voir tous ces enfants prendre du plaisir comme les grands!

Notre mini-PFP, toujours aussi fan de Pauline d’ailleurs!


A 11h45 c’est le briefing. On en profite aussi pour déposer quelques affaires dans notre stand.
La chaleur monte, l’ambiance aussi!

15h: après les hymnes nationaux (pas moins de 19 nations participantes, 500 équipes), c’est le grand départ de ces 24h!
Cédric est hyper concentré mais on sait qu’il sera à la hauteur!
Equipe de 8 oblige, nous sommes placés loin sur la grille. Cédric doit donc fournir un effort supplémentaire pour rallier le groupe de tête au plus vite, ce qu’il réussit parfaitement.
Nous avons choisi de le laisser rouler 2h, de manière à rester le plus longtemps possible avec les meilleurs.
Mais pas de bol, ceux-ci sortent au bout d’1h40 environ et n’ayant personne pour surveiller les relais, Cédric continue à tourner et Hadrien ne peut pas prendre la suite.
Il part lui aussi pour 2 heures, très difficiles sous cette chaleur!
Nous sommes bien placés, mais 2 nouvelles équipes mixtes apparaissent dans le classement: le Team Intersport Auron, et le Team Lucho (celui de Luc Alphand).
On va donc devoir batailler sévère! :-)

Ensuite, Guillaume et Philippe carburent fort pour nous remonter vers la 17ème place et 1ers en mixte.
Fin du 1er relais de Phil, de nuit, à plus de 40 km/h!

Crédit photos: Sébastien Delaunay

Il est 23h et grosse pression pour moi afin de ne pas perdre de places ni de temps! 
Par chance, j’attrape un bon groupe dès la sortie de stands; j’embraye immédiatement dans leurs roues pour monter la côte Dunlop « au chaud », bien que les températures soient maintenant très agréables.
Cela me fait drôle de réaliser mon premier relais de nuit! Il me faut un tour pour retrouver les repères, pencher le vélo et pédaler dans les virages, ne pas les prendre trop large, me concentrer sur les roues devant dans lesquelles je dois impérativement rester…
C’est toujours aussi impressionnant de voir les ombres s’allonger sur le sol, d’être envahi par la pénombre une fois la grande descente passée, de pencher son vélo à gauche puis à droite dans le grand S et de s’engager dans l’immense ligne droite d’arrivée en file indienne!
Très vite le plaisir prend le pas sur l’effort: c’est tellement magique de rouler sur un bitume aussi lisse qu’un billard, au milieu de cyclistes tous aussi passionnés les uns que les autres, que j’en oublie le rythme assez intense, les relances en sortie de virage, et les jambes qui piquent un peu dans la bosse Dunlop.
J’aime la monter assise pour garder du jus puis relancer dans la descente, et une remarque d’un gars derrière me fait sourire: « elle envoie la gamine devant! » Ils ne m’ont vue que de dos! 😄
A certains moments je me retrouve en tête sans personne pour passer devant: quelle bande de fainéants! 😉
A minuit, je quitte le parcours, enchantée, avec un best lap à 5mn58 (42,6 km/h), pour laisser la place à David, tellement excité de s’y mettre qu’il galère à mettre la puce à la cheville.


Coralie joue la paparazzi avec sa GoPro et je m’extasie sur ce circuit tellement féérique en nocturne, avant de faire un petit coucou au talentueux photographe Sébastien Delaunay, qui accompagne les finistériens du Team Raleigh!

Nuit magique!



Après ce baptême du feu, David passe le relais à Coralie qui roule fort et s’amuse comme sur un circuit de karting!
Nous sommes satisfaits car on n’a pas perdu beaucoup de temps et David, qui a accroché le groupe de tête de course, a compensé nos temps féminins.
Ensuite, nous commettons une première erreur: comme Guillaume a roulé 2h précédemment, la courageuse Emeline se sent d’attaque pour faire de même en pleine nuit. Mais en plus de la fatigue, c’est extrêmement difficile pour une fille d’en faire autant d’un coup (au passage, chapeau bas à tous les solos et duos de ces 24h, ils sont incroyables!).
Comme nous n’avons personne, hors course, qui puisse nous aider niveau communication et intendance, impossible de savoir jusqu’où elle tiendra cet effort!
Je retourne au camping-car pour essayer de somnoler un peu.

Phil ayant senti que ce serait trop, arrive en avance pour relayer Emeline, épuisée après 1h20 d’effort pour la plupart en solitaire, n’ayant pas pu trouver réellement de groupe à son rythme: pas cool!
En attendant, on a rétrogradé quelques places et nous sommes repassés à la 2ème place en mixte.
Ensuite, c’est à mon tour de faire une faute: au lieu d’attendre en avance sur la ligne de relais, je passe trop de temps sur le home-trainer, ayant oublié que Phil avait roulé plus que prévu.
A 4h58 il arrive, et je ne suis pas prête!
Enfin je l’étais quasiment, mais dans la panique je le laisse repartir pour un tour, ce qui nous fait perdre un temps précieux.
Je sens que je vais me faire sermonner à son retour! 😢
Enfin c’est parti pour moi à 5h05, remontée comme une pendule pour tenter de limiter la casse…
J’ai à nouveau de la chance si l’on peut dire, car je me retrouve rapidement dans un peloton conséquent qui m’emporte dans son sillage. Je n’ai plus qu’à prendre les roues et me laisser porter par la vague: j’adore!
Il y a quand même des efforts à fournir: la bosse bien entendu qui fait mal aux jambes mais surtout les relances à la limite du sprint que je dois faire en sortie de virages pour ne pas perdre le contact.
Je passe le relais à Hadrien au bout de 45 mn (nous avons réduit les relais des filles pour essayer de rattraper le temps perdu).
De retour au campement, je suis envahie de fatigue et m’endors pour 1h30 environ, réveillée par le tonitruant speaker accompagné d’un terrible écho, qui annonce au moins 10 fois de suite que les coureurs les plus rapides doivent cesser de dépasser n’importe comment les plus lents, sous peine de pénalités.
Je prends un petit déjeuner avec Anaëlle qui s’occupe super bien de la petite Faustine.
Il commence déjà à faire chaud, très chaud!
Par chance, on a échappé aux orages.
Phil va sortir Merlin et le faire boire.
Il n’est pas content de notre passage de relais raté à 4h58. On se dispute même entre 4h58 et 4h59! :-)
Nous sommes tous un peu moroses d’avoir mal joué cette nuit et perdu notre première place.
Mais nous devons garder le cap et nous battre jusqu’au bout!
D’ailleurs, nous remontons progressivement grâce à Cédric, David et Guillaume; on est revenus à 1 tour de l’équipe Intersport n°803 qui nous devance en Mixte.
Mais ceux-ci ont bien repéré notre numéro de dossard et nous surveillent de près: ils sont synchros avec nous sur les entrées/sorties du circuit, et contrôlent leur avance.

Dernier relais pour Phil!



12h: il fait 30°C et c’est mon ultime relais.
J’ai fait du home-trainer sans trop forcer, me vidant de l’eau sur la tête.
On sait maintenant que c’est mort pour la 1ère place.
Plutôt que d’être défaitistes, nous préférons adopter une attitude positive: le plaisir avant tout, pour finir sans regrets ces 24h.
Emeline m’annonce qu’elle vient de rouler avec un concurrent de l’équipe Intersport, et que donc le relayeur suivant risque de m’accrocher.
Me voilà partie, un peu esseulée dans la côte Dunlop, puis on forme un petit groupe, quand je vois un grand costaud me passer devant en criant « allez, jusqu’au bout !»: dossard 803, c’est bien l’équipe que l’on talonne!
Du coup, son objectif est de nous mettre un tour de plus.
Je me colle dans sa roue et ne le lâche plus; il n’arrête pas de se retourner mais il a du mal à se débarrasser de moi! 😃
Il est plus fort et je ne peux lui passer aucun relais, étant déjà au seuil niveau cardio.
On grimpe le Dunlop; il essaie à plusieurs reprises de me faire sauter, sans succès pour l’instant.
Roulant toujours à un rythme élevé (je me demande combien de temps je vais tenir ainsi), on rattrape un groupe qui se joint à nous.

 
Mister 803 lance alors des attaques en haut du Dunlop mais les collègues derrière ont bien compris que je cherche à le suivre et comme je vais lâcher, j’ai le droit à une petite poussette par un concurrent au dossard 812, pour basculer plus vite: trop sympa!
Mais Mister 803 n’abandonne pas et attaque à nouveau: il creuse un écart tout seul et le groupe ne bouche pas le trou.
Là, il se passe une chose étrange: alors que je n’ai rien demandé, l’altruiste dossard 812 qui a dû lire dans mes pensées, fait le geste pour organiser un relais sans un mot (d’autant qu’on a des néerlandais avec nous) et tenter de rattraper le fuyard! Je trouve ça excellent et m’amuse à ce petit jeu. On finit par rentrer sur Mister 803 mais là, ça commence à rouler vraiment fort avec tout le monde qui force dans la côte Dunlop; mon cardio explose et une cassure se crée. Dommage… Je roule ensuite dans un petit groupe pendant 2 tours avant de sortir, mais j’ai vraiment apprécié le scénario de pourchasse!

 
En marge des résultats de l’équipe, je suis vraiment ravie d’avoir vécu ces 3 relais différents et pourtant tous jubilatoires. C’est comme ça qu’on aime le vélo!
Je m’étais demandé ce que cette 3ème participation m’apporterait de plus, et bien tout ce que je peux dire, c’est que j’ai encore appris, du point de vue sportif, humain, tactique de course, avec encore de belles émotions comme on en vit que dans le sport de compétition.
Hadrien, Guillaume et David mettent toutes leurs forces pour continuer de revenir sur le Team Intersport, mais on sait que c’est peine perdue.
Notre Coco termine magnifiquement ces 24h avec un excellent relais, ayant même dû sprinter pour la 32ème place au scratch pour l’arrivée!
Elle en a les larmes aux yeux tellement l’émotion est forte!
Nous finissons donc 2èmes en équipe mixte, à seulement 4mn de la 1ère, dans le même tour.
On aurait aimé gagner mais on a réellement vécu une bien belle expérience et nous savons qu’il y a plein de choses à améliorer au niveau stratégie pour réussir à grimper en haut du podium.
Bravo au Team S1NEO qui remporte pour la 3ème fois cette épreuve!

Merci beaucoup à notre équipe, soudée jusqu’au bout: on n’a rien lâché, on a pris du plaisir et on reviendra, sans doute mieux entourés et organisés!
Merci également à l’organisation vraiment au top, aux autres concurrents pour leur fair-play, à Sébastien Delaunay pour ses splendides photos!
Sans oublier Stéphane Gourmelon et ses plans d’entraînement au top qui nous ont permis Phil et moi d’arriver en forme pour ces 24h!

mardi 18 juillet 2017

Championnat de France VTT XCO à Ploeuc: show patates!

Ce vendredi 14 juillet, on participe sur nos terres bretonnes, au championnat de France de VTT Masters!
On arrive sur place dès le mercredi, sous un crachin tenace, afin de reconnaître le circuit final.
On peut dire que c'est du costaud, d'autant plus avec l'humidité qui rend les racines glissantes, sans oublier le fameux Rock Garden qui se grimpe cette année, plus difficile quand il est trempé.
J'ai une peur bleue de la descente du grand rocher, pas le rocher en lui-même, mais la suite avec un saut artificiel.
Du coup, je prends l'échappatoire à gauche, même si on perd 3-4 secondes.
Je réalise que je n'ai pas encore complètement "digéré" ma chute de Vallnord: les images reviennent en boucle dans ma tête, qui me fait toujours mal d'ailleurs.
Mais l'objectif est aussi de regagner de la confiance, même si ce parcours est vraiment technique: cela évite de rester à gamberger et à douter. Je ne veux avoir aucun regret.
Le très sympathique Chris Milliau, master au Team Pro Fermetures, me donne des conseils et propose aussi qu'on revienne un jour travailler les descentes et techniques de franchissement sur ce site de Ploeuc.
Durant la reco, on rencontre Adrien Milin, le champion espoir finistérien. Phil lui propose de tester le Scott Spark sur un tour et.... il adore!
Et oui, vue la configuration accidentée du terrain, la suspension arrière apporte beaucoup.
En fin d'après-midi, on s'installe dans le champ réservé aux camping-cars, qui est par contre relativement éloigné du site de départ. Le seul avantage est qu'on sera au calme, si les vaches daignent se taire. 🐄
Le lendemain matin, il fait toujours gris et ça se lève doucement.
On monte à vélo récupérer nos dossards. C'est encore calme à la côte de Halles mais on sent la pression monter!
L'après-midi, on retourne sur le circuit qui a dû sécher par rapport à la veille: en effet, la poussière a fait son retour et, plus ennuyeux, la terre est hyper meuble dans les descentes qui deviennent franchement tendues!
Phil est plus à l'aise que moi et me montre les trajectoires, même en côte raide, où un mauvais choix peut vite amener à la faute.
Je me sens vraiment fatiguée sans doute à cause des maux de tête qui depuis la chute persistent...
En fin de journée, les épreuves de XCE ont lieu au bourg de Ploeuc: on pense bien aux bretons, dont Anaïs du Team Pro Fermetures, mais malheureusement elle fera une chute qui lui coûtera la finale.
Les lauréats semblent amusés de recevoir des sacs de patates en cadeaux, mais Ploeuc est bien le pays de la pomme de terre! 😋
Vendredi matin, on monte sur le site de départ: c'est l'effervescence en attendant le prochain départ du relais des Comités, sorte de championnat de France par équipe.

On retrouve JY Rannou, déçu d'être placé en fond de grille chez les Masters, malgré son titre de champion de Bretagne: et oui, pour espérer une place devant, il faut s'aligner au préalable sur toutes les coupes de France et y faire un bon résultat!
Même "punition" pour Phil qui partira en dernière ligne (150 coureurs en 30-49 ans!).
On découvre aussi que les courses seront assez longues: 4 tours pour Phil; 3,5 pour moi.
On va à pied regarder si les descentes aux alentours n'ont pas trop bougé: mais on ne peut que constater que le terrain est complètement défoncé par endroits, avec des énormes racines qui ressortent (risque de se prendre les pédales dedans), et de la terre tellement meuble qu'on dirait de la poudreuse...
Certains passages qui paraissaient simples hier, sont devenus redoutables aujourd'hui!
D'ailleurs dans cette descente, une jeune coureuse fait un spectaculaire "soleil" heureusement sans gravité, qui me donne des frissons dans le dos tellement elle me rappelle ma propre chute... 😓
Ensuite on est contents de retrouver nos copains de Rodez, Pauline Sabin-Teyssèdre et Matthias, qui viennent en découdre également.

13h15: c'est le coup d'envoi de ces championnats XCO avec les relais des Comités!
Ayant su saisir leur chance, l'équipe de Bretagne fait une superbe course et termine sur la 3ème marche du podium!
Bravo à Anaïs, Betty, Louison, Antoine et Ronan!
14h45: c'est le départ pour nos Masters de 30 à 49 ans!
Ils sont 150, c'est impressionnant! Phil est en dernière ligne.
Je me rends ensuite à la zone technique, où je rencontre Hervé Prud'homme, qui a dû déclarer forfait suite à une mauvaise chute lui aussi à la dernière coupe de France de Lons: il propose de faire un peu l'assistance à Phil; trop sympa!
En effet, je dois déjà aller me préparer pour ma course.
Depuis mon home-trainer, j'écoute le speaker Eric Davaine donner les informations sur les positions des uns et des autres: sans surprise, Laurent Spiesser est largement en tête, mais notre breton Eric Pommelet peut également gagner dans sa catégorie!
Quand j'entends la sirène des secours, j'ai le cœur qui fait des bonds, espérant que rien de grave ne soit arrivé.
Mais Phil se débrouille comme un chef, remontant près de 75 places pour terminer 15ème de sa catégorie: un exploit quand on voit l'état du circuit et la quantité de coureurs. Il a été excellent dans les côtes et retrouvé ses bonnes jambes! Fière de lui!

Crédit Photo: Olivier Louarn

Romuald est bien placé aussi, mais rétrograde un peu sur la fin; et c'est une belle surprise pour Jacky, qui, grâce à sa technique hors pair, accède à la 3ème place Masters2! Trop contente pour lui...
Le champion du jour, c'est Eric, qui remporte ce magnifique maillot bleu-blanc-rouge en Master4 avec son Scott Spark: quelle classe et quelle préparation minutieuse pour en arriver là! Depuis janvier, il n'a rien laissé au hasard: travail et talent ont payé!

Crédit photo: FFC
 
16h15: les spectateurs sont nombreux et il faut se frayer un passage pour accéder aux lignes de départ.
Comme l'an dernier, les dames partent derrière les hommes (50 ans et plus) mais en même temps.
L'avantage à Montgenèvre est que le circuit débutait par une longue côte de plusieurs minutes, permettant de décanter et de lisser la répartition des coureurs, sans se renter dedans.
Ici, c'est une autre affaire...
On nous annonce qu'une descente a été modifiée, l'autre trajectoire étant devenue impraticable; ça promet!
16h30: Eric Davaine a chauffé l'ambiance; on peut y aller!
Je fais un mauvais départ et me retrouve très vite bloquée par un mur de gars devant moi qui s'écroule à terre dès le 2ème virage. Tout le monde s'arrête, puis repart.
Quelques filles ont réussi à se faufiler devant et sont déjà loin.
On entame la première descente en singletrack et là c'est l'enfer: à moitié à pied, à moitié à vélo, comme prévu c'est un bouchon dans un énorme nuage de poussière...
Je suis un peu en panique, ayant conscience que je suis vraiment mal placée, mais dès que ça s'élargit et qu'on peu enfin doubler, ça va mieux.
Je me fais néanmoins gêner à maintes reprises par les coureurs qui posent pied à terre. C'est vraiment difficile à gérer.
Une fois le pierrier passé, j'ai toujours du monde devant et derrière. Je roule un bon moment avec Laura Joubert et Pauline.
Après ce premier "demi-tour" nous nous suivons dans le singletrack descendant. Je passe devant dans la côte avant la descente du grand rocher: je descends lentement par ma trajectoire habituelle et pas très propre sur la fin. Dur dur dans cette poudreuse...
Peu après je m'aperçois que Pauline ne me suit plus; j'espère qu'elle ne s'est pas fait mal.
Elle revient peu après avec Laura, ayant en fait chuté et certaines de ses vitesses ne passent plus: terrible pour grimper le col des Fougères!
On échange de place au sommet puis Pauline me redouble un peu plus loin.

Pauline à l'assaut du Col des Fougères!

 Crédit Photo:FFC

Je commence à entrer enfin dans la course, maintenant que cela s'est décanté.
Au passage sur la ligne, je suis toujours derrière Laura, et je n'ai aucune idée de ma place.
Il reste 2 tours. C'est long, plus long que d'habitude.
Alors qu'on vient de franchir la côte la plus difficile (en 3 paliers techniques), je suis Laura dans la descente sinueuse qui nécessite une grande vigilance.
Des "djeun's" nous hurlent dessus, confondant encouragements et perturbations. Je leur crie "Taisez-vous"! C'est vrai quoi: ils nous poussent à la faute! 😒
Ouf, voilà le Col des Fougères. Je monte au train; je me plais dans cette montée et dépasse Laura (toutes les 2 en Scott 😉)

Crédit Photo: Olivier Louarn 
En haut, le cardio est au taquet et heureusement il y a les bosses de BMX pour souffler un peu.
Le reste ne se passe pas trop mal, tant que je n'ai personne devant.
Phil m'encourage bien à la zone technique. 
Au dernier tour, je commence à être dans le gaz.

Crédit Photo: Olivier Louarn 

J'ai du mal à rester concentrée et chute à plusieurs reprises dans la terre, m'énervant toute seule dans ces tranchées...
Je reviens sur Manuella qui semble dans le dur et passe devant; allez, il faut qu'on termine bien!
Maintenant que je n'ai plus personne ni devant ni derrière moi, je me sens beaucoup plus détendue et roule mieux.
Enfin c'est l'arrivée; on est toutes pleines de terre, épuisées! Petit coucou au journaliste Olivier Louarn au passage...
Avec Pauline arrivée un peu avant moi à la 3ème place (et championne dans sa catégorie 👍), on a l'impression de revenir de la guerre! Elle peut à peine marcher suite à sa chute.
Manuella, qui vient d'en terminer, s'écroule au sol victime d'une crampe, en larmes!
Je suis donc 4ème sur 19, 2ème de ma catégorie derrière Stéphanie Chapon qui a super bien roulé et qui remporte le scratch: bravo à elle!

Crédit Photo: Théo Photo 34

Je ne vais pas dire que j'ai pris beaucoup de plaisir sur ce championnat: trop de tension accumulée, de blocages psychologiques suite à ma chute en Andorre, encore trop fraîche. Il me faudra du temps pour retrouver de la confiance et ne plus avoir peur des autres. Mais cela reviendra, j'en suis sûre...

Globalement, on ne peut que féliciter le travail colossal réalisé par l'équipe d'organisation (Loïc Bresset, Yannick Tirel, la commune de Ploeuc...).
C'est assez incroyable!
Concernant le circuit, nous avons juste un sentiment mitigé à cause des portions hyper dégradées au fil du temps: peut-être aurait-il fallu les construire bien plus tôt dans la saison, pour qu'elles aient le temps de se tasser et présentent moins de danger pour les coureurs.

De retour chez nous, on passe un samedi au calme pour récupérer à la fois de la fatigue intense et de la tension nerveuse engrangées ces dernières semaines. On a les nerfs qui lâchent!
Mais on a promis à Anaëlle, notre fille aînée, d'aller assister à la course des dames Elites dimanche matin.
Du coup, nous voilà repartis pour Ploeuc dès 8h, pour aller encourager les bretonnes (Anaïs, qui sera finalement forfait à cause d'une blessure au genou 😓, Betty, Marine, Manue (qui remet ça 😮), la normande Séverine, et bien entendu Pauline Ferrand-Prévot!
On débarque alors que la course des cadettes, survolée par Pasquine Vandermouten, est en cours: très belles prestations des jeunes bretonnes Laurie Vézie 5ème, Morgane Morin 15ème et Anaëlle Even, 18ème après une superbe remontée.
10h15: c'est le départ pour les 40 dames Elites et Espoirs!
Il y a maintenant un monde fou et une ambiance survoltée sur le site de la côte des Halles, avec un point chaud au sommet du col des Fougères, très visuel!

Crédit Photo: Olivier Louarn

Nous ne sommes peut-être pas en montagne, mais le point de vue sur le circuit est fantastique! On peut apercevoir les coureurs à de multiples endroits, tout en admirant les trialistes.
C'est JY Conan qui ouvre les épreuves en moto, tandis que son fils Julien, vététiste émérite, les ferme en VAE.
Pauline est visiblement en forme: elle creuse un gros écart sur les autres favorites dont Sabrina Enaux qui terminera 2ème, suivie de Lucie Urruty peut-être moins attendue mais très forte aujourd'hui.
On encourage tout le monde: l'ayant vécu, on sait que c'est tellement dur que le soutien du public peut aider, quel que soit le niveau.
Très belle performance de Betty, qui termine 16ème et 10ème espoir dame!
Après un final en apothéose, on patiente sagement derrière le podium pour qu'Anaëlle puisse avoir un petit autographe de Pauline.
Nous y rencontrons même une autre légende, qui n'est autre que Seb Le Naour! 😊
Finalement, cela se fera près de son beau camping-car estampillé Canyon-Sram-Rafa...
Un joli moment, avec une grande championne!


Nous ne restons pas pour la course des Elites hommes (félicitations à Antoine Le Coq pour son énorme performance!), mais la dernière image que nous garderons de ce superbe championnat de France, sera celle de Jacky Le Port, croisé alors que nous quittions le site, en train de s'échauffer sur son Niner avant de courir avec les cadors: le sourire, l'allure décontractée avec le camelback sur le dos, pas de prise de tête, juste le plaisir d'être là et d'avoir même décroché une médaille de bronze en Masters: le VTT comme on l'aime! 💙

Voilà notre première partie de saison achevée, pour une trêve estivale bien méritée.

Un immense Merci:
- à Phil qui me supporte dans les bons comme dans les mauvais moments: quelle chance nous avons de partager la même passion!
- à Stéphane Gourmelon qui m'a si bien aidée à m'entraîner durant deux semaines compliquées suite à mon pépin physique.
- à Véloland Lannion (Eric Pommelet et Fred Le Marrec, experts Scott et supers coureurs!)
- à Asterion Wheels (Benoît Stupici) pour les roues de test Edition One qui sont phénoménales
- à nos familles respectives toujours là pour nous!

mercredi 12 juillet 2017

Championnat national VTT FSGT à Guilers: un peu de baume au coeur!

Ce week-end, nous avions rendez-vous au Fort de Penfeld, à Guilers, sous un magnifique soleil, pour participer en famille au championnat national de VTT de la FSGT.
A notre retour de Vallnord, vu l'état dans lequel je me trouvais après ma lourde chute, je n'aurais pas parié un centime sur le fait de pouvoir reprendre si vite la compétition.
Aujourd'hui j'ai toujours des douleurs derrière la tête et aux cervicales; je ne suis sans doute pas à 100% de mes possibilités, mais je peux rouler.
J'ai tout de même dû vérifier que je n'avais pas d'hématomes à la tête suite au traumatisme crânien, via un scanner, et me faire remettre en place par Estelle, mon ostéopathe, qui est une fée. 😇
Sur conseil de Stéphane, on en a profité pour faire une semaine très cool niveau entraînement.
Si reprendre le vélo de route et le home-trainer n'a pas été trop difficile, il n'en a pas été de même concernant le VTT, d'autant que j'ai repris par une reconnaissance du circuit XC de Ploeuc!
J'étais très angoissée dans les descentes et je n'ai pas encore retrouvé toute la confiance.

Ce samedi matin, même si je suis stressée au départ de ce championnat, c'est du positif avec le sentiment que c'est déjà une belle opportunité d'être sur mon VTT, équipée bien évidemment d'un nouveau casque (Scott Centric Plus: le même que Julie Bresset 👍 ) , offert par Véloland Lannion (un grand merci à Eric Pommelet, Fred Le Marrec, et à Scott!).
Les 10 cadettes démarrent en premier, avec notamment les prometteuses finistériennes Maëva Squiban et Anaëlle Even.
Quelques 2mn plus tard, c'est à nous (20 dames).
Pour une fois je réussis mon départ et me place en 2ème position derrière la favorite, Gwendoline Alves, qui est la championne sortante et qui excelle en cyclo-cross (8ème au France Elite Dames à Lanarvily!).
Nous sommes gênées par une cadette sur laquelle on est revenues; pas grave: on pose pied à terre et ça repart. Pas de prise de risque aujourd'hui!
Je reste au contact la moitié du parcours, avant de faire une grosse erreur technique dans un raidard, perdant l'équilibre et me couchant sur le côté; là ça ne fait pas mal mais j'ai la selle de travers.
Allez, c'est reparti, mais j'ai perdu du temps. Il me sera impossible de recoller ensuite.
Le parcours est fort plaisant avec beaucoup de pilotage, de vire-vire, des petits taquets et descentes courtes. Certaines montées font bien mal quand même, notamment la dernière qui nécessite beaucoup d'énergie pour plaquer le vélo au sol.
Je suis plus que jamais ravie de rouler en tout-suspendu: avec mon mal de dos et de tête, cela me soulage bien et la suspension permet d'épouser le terrain. 




Malgré tout, j'ai de bonnes sensations au niveau des jambes, du souffle; sans la chute d'il y a 15 jours, j'aurais été en top-forme.
Le plus dur est de rester concentrée sur le parcours; je sais que suite à un trauma crânien, la concentration est ce qui demande le plus d'efforts (y compris au travail), mais là, c'est plus que jamais nécessaire!
Au 3ème et dernier tour, je relâche un peu car l'ostéo m'a dit aussi: "surtout, prenez du plaisir sur le VTT". Et je savoure l'instant présent, de rouler dans ce bois de Penfeld, à laisser mon vélo filer dans les descentes, à grimper les côtes comme j'aime: j'ai conscience que j'ai de la chance d'être là.
Enfin c'est l'arrivée: je suis très heureuse de terminer 2ème au scratch et 1ère en Master.
A la 3ème place, on retrouve Manon, du VS Plab qui mérite amplement son titre en Junior.
Chez les cadettes, Maëva 1ère, et Anaëlle 2nde, ont fait coup double!

L'après-midi, nous assistons au gymkhana des enfants qui a lieu au sein du magnifique Fort de Penfeld: ce sont des épreuves d'adresse dont les résultats déterminent ensuite leur placement sur la ligne de départ des courses du lendemain.
Notre fille Anaëlle et et ses copains/copine du club VTT Pleumeur s'appliquent, même si certains "jeux" ne sont vraiment pas évidents, comme le slalom par exemple.

 
Ensuite, je remonte sur mon VTT pour 2h sur la route: et oui j'avais encore un entraînement à faire après la course! 😊
De retour de mon périple sans m'être trop perdue, on passe de bons moments avec les parents et enfants de Pleumeur, avant de se rendre au protocole.
Nous y retrouvons notamment Katell Alençon, la championne handisport maintenant pro dans l'équipe Cofidis!
Cela fait plaisir de décrocher ce maillot. Je n'en espérais pas tant après ce qui m'est arrivé.


Avec toutes les filles de cadettes à masters!

 
Merci également à Olivier Louarn pour ce bel article dans le Télégramme, qui m'a fait du bien après mes déboires:
http://www.letelegramme.fr/cyclisme/vtt/hemon-le-bon-rebond-08-07-2017-11589168.php#

Le soir, on essaie de se coucher assez tôt mais à côté, ça fait un peu la fête!😏
6h: lever pour Phil; pas facile!
Il se prépare pour sa course et moi aussi, niveau assistance (bidon, gels énergétiques, matos de réparation, et aussi mon VTT au cas où je doive lui passer mes roues).
9h: c'est parti avec pas moins de 60 Masters!
Phil nous fait un départ canon, carrément en tête devant notamment le favori JY Rannou!


Hélas, il a laissé beaucoup de jus au travail ces derniers jours ainsi que depuis notre précipité retour d'Andorre, et force est de constater que la forme n'est pas là; il perd des places progressivement et n'a pas l'énergie des bons jours.
On l'encourage malgré tout très fort! 😊


Il termine à la 8ème place de ce championnat largement remporté par le super JY Rannou, alors qu'il pouvait accrocher un podium: déçu, c'est sûr, mais tout le travail fait à l'entraînement paiera un de ces jours. Et là encore, on se rend compte qu'il est très difficile de concilier vie professionnelle, familiale et sportive.
C'est un challenge au quotidien, qui nous demande une énorme énergie mais quand on trouve le point d'équilibre, ce n'est que du bonheur!

Pas le temps d'être triste, il faut se remobiliser pour la course de notre Anaëlle à midi.
Avec sa copine Tara, elles sont reléguées en dernière ligne. Elles sont les seules en 24 pouces!
Toutes deux font une belle course, à fond, avec leurs moyens.
Alors que je me trouve dans le virage après le podium, la petite qui est en 3ème position chute lourdement en dérapant!
Je me précipite pour la relever et l'aider à repartir (c'est plus fort que moi, je n'aime pas du tout voir ça!).
J'apprends ensuite qu'on n'est pas censés aider les enfants. Je trouve cela vraiment bizarre voire dangereux, si notamment un autre était arrivé par derrière sur la petite à terre...
Anaëlle de son côté termine 6ème pour cette première expérience! Nous sommes très fiers d'elle et surtout de son comportement très sportif, comme tous ses copains d'ailleurs.
Il va falloir maintenant l'équiper d'un VTT 26 pouces, car elle a bien grandi.


On encourage ensuite les jeunes puis nos collègues Thomas, Youenn et Pierre-Marie dans l'épreuve reine; ils font de belles places, pas loin du podium!

Pour terminer cette saison de VTT avant une pause bien méritée, il nous reste un point d'orgue et non des moindres: le championnat de France XCO Masters à Ploeuc l'Hermitage, en Bretagne!

Nous tenons à remercier chaleureusement:
- le club VTT de Guilers, expert en matière d'organisation
- Stéphane Gourmelon, excellent entraîneur #29Power
- le Team Armorique qui continue de grandir et de se diversifier
- les photographes au top (LC29, BH-Photographie)
- nos familles qui nous aident au quotidien

vendredi 23 juin 2017

Mondial Master VTT à Andorre: la plus grosse chute de ma vie

Cette semaine nous avons quitté la Bretagne pour rejoindre le site de Vallnord, à Andorre, où avait lieu le championnat du monde Master de VTT XCO, sur quasiment le même parcours que la Coupe du monde élite, qui a lieu le week-end suivant.
Autant dire qu’on espérait y arriver au top de notre forme, suite à plusieurs mois d’entraînements divers et variés, parfois très durs.
Dimanche, après plusieurs heures de route sous une grosse chaleur, on passe par La Massana, où arrive l’épreuve de DH. Il y a des panneaux partout indiquant l’évènement mais plus un seul ensuite pour grimper jusqu’à Vallnord. 
On se pose à mi chemin avec le camping-car et on grimpe se dégourdir les jambes en VTT jusqu’en haut, (2000 mètres tout de même).
On rencontre la championne Karine Temporelli et son mari, qui font une petite reco du parcours: ça semble être costaud!
Le lendemain, on installe le camping-car aux abords du bike park, à côté du California de Pauline Sabin (qui a relevé le défi de venir participer à ce mondial suite à son terrible accident) avec sa petite famille: trop sympa!
Pauline propose une reco du parcours qu’elle connait bien; Romuald (Team Pro Fermeture) et Nicolas Sire (Pays de Loire) se joignent à nous.
La première montée est longue (d’abord sous le soleil, serpentant dans l’herbe) puis dans un sous-bois parsemé de grosses racines.
S’en suit une zone technique avec des cailloux partout. Pauline nous montre la voie, ayant déjà repéré les meilleures trajectoires. Il y a 2 options un peu plus loin: à gauche la partie « coupe du monde »; à droite un chemin plus facile. On teste à gauche pour avoir fait le plus dur.
Ensuite, un peu de roulant avant d’entamer la première descente en terre, avec 2 passerelles trop chouettes (mais qui seront fermées le jour J), des singletracks un peu piégeux avec des racines, avant d’arriver sur une redoutable pente à 24% qui va faire mal!
Cela permet de rejoindre la prairie de départ; on descend en virages, on remonte et on repique dans un sous-bois avec quelques marches avant de grimper à nouveau dans la prairie et de rejoindre le sous-bois.
Là c’est trop sympa avec des grands virages relevés; c’est enivrant ; on a envie de descendre jusqu’en bas mais la flèche fait remonter au travers les arbres. Un peu de D+, des taquets, et on arrive sur la dernière partie du circuit: une passerelle avec une montée raide permet de reprendre de l’élan pour appuyer dans une portion très physique où se trouve la zone technique.
Il y a ensuite une descente un peu technique et virages en épingles pour remonter. On vire à nouveau dans l’herbe, puis on replonge dans le sous-bois assez roulant, dernier taquet à droite et hop c’est le bitume et l’arrivée.
Le parcours me parait plus facile que je ne l’avais imaginé: tout passe sur le vélo; techniquement, ça le fait bien; par contre il sera ultra-physique en course.
On passe ensuite de bons moments avec Pauline, Matthias et leurs enfants, notamment en descendant à la Massana avec les « oeufs » pour retirer nos dossards, sous une chaleur étouffante.
Le lendemain, on réitère avec une autre reco (je commence à ressentir l’effet de l’altitude et je sais qu’il aurait mieux valu dormir en plaine) avant de se préparer pour la course de Phil.
Mais à 15h, un violent orage s’abat sur Vallnord: déluge, éclairs, tonnerre, grêlons, tout y passe!
L’UCI choisit de reporter la course au lendemain à 9h.
Un peu dur pour Phil de remettre ça à plus tard mais c’était plus prudent.

Mercredi matin, à 9h, c’est le départ pour Phil avec 60 masters 40-45!
Cela bouchonne dès la première montée. Phil a fait un départ prudent et remonte tranquillement des places ensuite.


Nicolas Sire (un des meilleurs master 40 français) est dans le top-10 sur son Open.
On voit tout de même beaucoup de tout-suspendus sur la course: presque 50% je dirais…
A côté ça crie dans toutes les langues: « venga, venga! », « hop hop hop !»
Je suis à la zone technique pour assister Phil qui poursuit sa remontée aux alentours du top 25.



Au dernier tour, je commence à m’inquiéter car je ne le vois pas arriver dans la descente de la prairie; les minutes passent; j’ai trop peur qu’il lui soit arrivé quelque chose.
Tout d’un coup je le vois passer en courant à côté de son vélo et entrer dans le sous-bois: problème mécanique! :-(
Jacky Le Port court vers moi me prévenir que c’est une crevaison arrière et me file un sacré coup de main pour démonter la roue de mon Spark afin que je puisse le dépanner.
Hélas il a perdu une bonne quinzaine de places malgré son bon niveau en course à pied. Et comme la crevaison a eu lieu très loin de la zone technique à la descente d’un rocher, c’est 3km qu’il a dû courir!
Il peut terminer la course avec ma roue, grâce à l’efficacité hors pair de Jacky et de 2 autres gars qui nous ont aidés; c’est déjà ça.
Ensuite, j’assiste à une leçon de réparation de haute volée: les 2 gars sus-nommés nous proposent de poser une mèche sur le pneu qui est troué. Ils nous font cela en 2 temps 3 mouvements: double mèche, un peu de terre, on frotte, on secoue le pneu fortement pour que le latex colmate, on regonfle à 3 bars et c’est reparti! Impressionnant!

Phil est déçu forcément, mais il a fait une belle course quand même et prouvé son mental à terminer en courant, faisant même de sacrés temps sur certains segments Strava! :-)
D’ailleurs son genou droit a vrillé dans la descente aux virages relevés. Je le lui remets en place (on connait les mouvements à faire grâce à notre ostéo).

A 11h, on peut dire que le trio de filles Pauline-Karine-Elodie n’est pas vraiment stressé et tape la discute au soleil, tandis que Pauline fait les prévisions météo et nous promet un nouvel orage à 13h, pile pendant notre course.
On se décide ensuite à aller s’échauffer avant de se retrouver sur la ligne de départ: pas moins de 60 filles de 30 ans et plus ont fait le déplacement; du jamais vu en Masters!
Le niveau sera élevé avec par exemple Margarita Fullana, des filles qui couraient en coupe du monde il y a encore 1 ou 2 ans, d’autres championnes nationales, etc…
Les catégories Master 30-39 partent à 12h30; nous suivons à 12h32.
Je fais un départ moyen et entame la première longue côte sans trop forcer pour ne pas me mettre dans le rouge. Par contre niveau souffle, ce n’est pas terrible; je ne supporte décidément pas bien l’altitude.
Karine est avec moi, très forte en montée roulante; je rattrape par contre dans le technique. On alterne nos positions quelques temps, tout en revenant sur des filles devant. On doit être aux environs de la 5ème place de notre catégorie.

  
Je creuse un peu l’écart devant la zone technique et reviens sur une fille qui s’engage à pied dans la descente raide (et ravinée suite aux orages). Je ne réfléchis pas et prends ma trajectoire habituelle, pensant qu’elle va se pousser sur le côté; mais non!!
Et là, c’est le drame: ma roue avant percute son vélo et je termine à terre suite à un magistral « Over The Bar ».
Je reste sonnée quelques instants, la tête dans les genoux. Je sais que j’ai atterri sur le dos puis que ma tête a percuté ma cuisse droite.
J’ai comme une absence; 3 secouristes me demandent si ça va.
Contre toute attente, je réponds oui, je me relève, je remonte sur mon vélo et je repars dans la montée en épingle!
Je sens mon dos qui brûle, mais dans ma tête, je n’entends que la phrase que Jacky a dite ce matin: « on n’abandonne jamais un championnat! ».
Surtout dès le premier tour, ce serait frustrant. Je m’arrête à la zone technique: Phil me remet la selle droite et je repars, bien dans le gaz mais avec des jambes qui pédalent toutes seules.
Je roule « en dedans » le tour suivant, perdant même parfois la notion du temps ou de la situation où je me trouve sur le circuit. Je ne pense plus. Je roule.

 
La pluie tombe maintenant rendant les racines hyper glissantes. Ma vigilance est bien diminuée et je commets quelques fautes. Dans une côte un secouriste me brandit des sortes de lingettes: je le regarde comme s’il venait de la planète Mars, et poursuit mon chemin. J’ignore alors que je saigne du nez et que ce n’est pas beau à voir.
Malgré mon état, j’arrive à remonter des places mais d’autres catégories que la mienne. Les copains m’encouragent; ça fait du bien. On me crie qu’il ne faut pas que je prenne la grande passerelle qui est devenue hyper glissante. Je prends l’échappatoire dessous.
C’est presque la fin de ces 3 tours. Malheureusement, par manque de lucidité, je glisse dans la descente où j’ai lourdement chuté tout à l’heure et me fait à nouveau mal sur le côté droit. Mais c’est la fin; je dois terminer coûte que coûte.
Après environ 1h10 qui m’ont paru hors du temps je finis ce mondial dans un état second, et malgré tout 7ème dans ma catégorie.
A l’arrivée, les secouristes me sautent dessus, même pas le temps de boire.
J’aperçois mon reflet dans un rétroviseur et constate mon nez plein de sang. Bizarre qu’on ne m’ait pas arrêtée avant! :-)
Ensuite, j’ai le droit à des examens: le dos a pris un sacré choc, de même que les cervicales et l’arrière de la tête. J’ai des contusions sur la cuisse droite, des petites blessures sur la jambe et le bras droit.
Les secouristes sont d’une gentillesse incroyable, me parlent, m’expliquent que je vais devoir aller aux urgences mais que ça ne devrait pas être trop grave étant donné que j’ai pu finir la course.
Un dernier au-revoir à Pauline qui a terminé à une belle 5ème place, à Matthias, au site de Vallnord et on me descend en ambulance à l’hôpital d’Andorre. Je suis allongée sur une plaque dure (au cas où il y ait une fracture); ça n’arrange pas les maux de dos.
Je discute avec un des ambulanciers qui essaie de me rassurer.
Sur place, on m’interdit de boire: analyse d’urine, de sang, etc… J’en ai déjà marre. On dirait un contrôle anti-dopage!
L’attente est longue et finalement on m’annonce qu’on doit me poser une perfusion pour me réhydrater (ce qui risquait évidemment d’arriver).
Les radios sont heureusement OK (pas de fracture) mais la prise de sang n’est pas terrible en raison d’un taux d'enzymes CK en forte augmentation, ce qui risque d’abimer mes reins. J’essaie de leur expliquer que le bon sens voudrait qu’ils me laissent boire et manger comme après chaque compétition; rien à faire!
Par contre on me propose des anti-inflammatoires et autres anti-douleurs que je refuse évidemment.
Du coup, ça continue d’empirer malgré la perf’. Je négocie à nouveau et obtiens gain de cause: heureusement car j’étais affamée et assoiffée; résultat, au bout de 2h d’attente supplémentaires, j’ai le bon de sortie. Il est presque minuit: c’est pas trop tôt!
Je me dis que je ne m’en sors pas si mal malgré cette sensation d’avoir été piétinée par un éléphant.
La tête et le dos sont assez douloureux mais cela reste gérable.
Je dois encore passer un scanner car il y a tout de même un traumatisme crânien, et je me suis aperçue en regardant les courbes de mon Garmin, que j'avais en réalité perdu connaissance (1mn45 d'arrêt).
A souligner l’importance du gainage quotidien: ce sont mes muscles dorsaux qui m’ont protégée.
Il faut que je tire maintenant les leçons de cet incident, à savoir: toujours repérer les descentes « à l’aveugle », juste avant la course, pour vérifier qu’elles n’ont pas bougé depuis les recos (cas de l’orage pour nous); prendre les trajectoires alternatives en cas de concurrent à pied devant, voire passer à pied aussi; mieux mesurer les risques…
Je ne sais pas pourquoi j’ai tant tenu à finir l’épreuve mais j’aurais été déçue d’en finir autrement.
Maintenant, place au rétablissement: j’espère avoir suffisamment récupéré pour participer au National VTT FSGT à Guilers et au France VTT à Ploeuc sur Lié.

Un grand merci comme toujours à Stéphane avec qui on travaille pour ces objectifs; je pense que j’étais prête physiquement et techniquement. La chance n’a pas été là, c’est tout.

mardi 30 mai 2017

24h VTT de la Choutte Guilérienne 2017: Le Team Armorique à la chasse au lapin rose

Après une bonne douzaine de participations aux 24h VTT de Guilers, on pourrait penser que l'on finirait par se lasser; or il n'en est rien tellement chaque édition est unique en terme d'aventures, de rebondissements, de vécu au sein de l'équipe!
Cela devient comme un pèlerinage du VTT où on prend grand plaisir à participer tous les ans (même si l'année où Phil s'était cassé le poignet restera dans les annales), non seulement pour le côté sportif (des intensités de 20 mn sur deux jours sont intéressantes pour l'entraînement) mais surtout pour le côté convivial et exceptionnel de l'évènement.

Vendredi après-midi, par 29°C, nous débarquons sur le site du Bois de Kéroual en famille, afin de réserver un emplacement.
C'est déjà l'effervescence partout avec de nombreuses places déjà occupées.
Certains y passent même la tondeuse, histoire que ce soit bien propre! :-)
C'est alors qu'on déniche un emplacement très bien localisé, mais sans doute boudé par les équipes en raison d'un gros tas de terre dessus. Qu'à cela ne tienne; ce sera celui du Team Armorique!

Samedi matin, on se retrouve sur notre terrain un peu avant 10h, pour installer le campement avec les copains.
Présentation de notre équipe du Team Armorique:
- Jordan Deyres, qui remplace Cédric Kermorgant, grand triathlète qui a rejoint le club récemment
- Romain Masué, triathlète spécialiste longue distance, qui vient de gagner sa première course sur route
- Alex Jacky, triathlète lui aussi, espoir en VTT où il commence à bien se débrouiller
- Youenn Garnier, le meilleur vététiste du club, watts et technique réunis
- Pierre-Marie Guillou, de retour au club à notre grande joie, excellent sprinter
- Alex Berthelot, le grimpeur trailer belge de Plougastel, cyclo-crossman dans sa "jeunesse", à l'humour détonnant et toujours doué sur le VTT
- Laura Porhel, la junior super sympa qui carbure en cyclo-cross (4ème au France à Lanarvily)
Ainsi que Phil et moi.

Après quelque temps de montage, notre installation ressemble plus à un camp manouche qu'à un espace team, mais nous le trouvons très joli avec une tonnelle genre kiosque à musique, un barnum rouge emprunté au club de BMX de Plougastel, des bâches rayées bleues et blanches pour protéger du vent...

A côté de nous, le club de St-Renan fait beaucoup plus pro. Ils nous fournissent même l'électricité: merci! :-)
Je découvre que le magnifique boxer de Bruno (toujours de St-Renan), qui m'avait sauté dessus à la course de la semaine dernière quand j'avais voulu le caresser (toujours pas le feeling avec les chiens), dort comme un bébé devant "son" camping-car. Je demande donc à Phil (qui lui, a le feeling avec les chiens) d'aller apprivoiser la bête féroce. Mais lui aussi se fait aboyer dessus! Bruno nous explique alors que le boxer pense que le camping-car lui appartient tant qu'il y est attaché; par contre, une fois en liberté, c'est une vraie peluche! Tout s'explique...

A 13h, nous allons faire la reco: notre fille Anaëlle est de la partie. Elle a voulu à tout prix rester à Kéroual aujourd'hui et n'est pas peu fière de rouler avec nous!
On a également la visite des amis et de la famille.

14h45: le départ approche...
Laura et moi avançons vers la zone où il sera donné, et on aperçoit un gars déguisé en lapin rose sur un Fat bike.
On est alors loin de se douter que ce lapin rose sera le fil "rose" de tout notre week-end! :-)

15h: grosse effervescence dans le champ où se sont amassés coureurs et spectateurs.
Avec Laura, on n'arrive même pas à apercevoir Youenn!
Les minimes et cadets démarrent en premier. Puis c'est la renommée championne sur piste Virginie Cueff (petite soeur d'Arnaud qui est au Team Armorique également) qui donne le départ; mais elle n'a pas le temps de faire le décompte que certains se mettent déjà à courir pour sauter sur leur vélo!
C'est donc un faux départ dans la confusion. Ils passent sous l'arche puis entament le premier virage. Là, une énorme chute se produit. On n'y voit rien. On suppose que Youenn est passé mais on ne l'a pas vu.
De retour au campement, on apprend avec effroi que Youenn a fait partie de la chute collective, que sa tête a heurté violemment le sol et qu'il va être évacué aux urgences!
On court au poste de secours mais on ne pourra pas le voir. A priori ce n'est pas trop grave mais il va partir au CHU pour faire des examens. Quelle misère! :-(
Nous sommes bouleversés, mais la course a démarré; Jordan a eu la présence d'esprit de remplacer Youenn in extremis sur ce premier tour.
On se remobilise et on réorganise les relais sur mon tableau Excel.
Alex B. nous assure que c'est un coureur déguisé en panthère rose qui a fait tomber Youenn. Moi je suis sûre que c'est un lapin. Dans tous les cas, on a du mal à comprendre car c'est un membre de l'équipe de Breizh Bikes, tous en Fat, certes déguisés, mais plutôt bons pilotes.
Jordan termine le 1er relais éreinté: parti dernier (sur 161 équipes!) il a remonté plus de 20 places.
Ensuite ce sont PM et Phil qui prennent les relais et se donnent à fond pour gagner des places, encore et encore. Nous voilà maintenant 43èmes!
Je fais partie du trio suivant avec Alex J. et Romain. Ce dernier se fait également mal au pouce; il ne saura que 2 jours plus tard qu'il s'est rompu un ligament!
Après un échauffement sur le HT afin de préparer le cardio, je démarre pour un premier relais, le couteau entre les dents.
Premiers chemins rapides, premiers singles avec quelques racines absorbées par la suspension du Spark, je teste l'adhérence dans les virages et tente de doubler à droite à gauche. Incroyables sensations dans un champ en faux plat montant qui n'a vraiment rien de spécial: je sens tout le travail de la suspension arrière qui me permet de rester assise et de transmettre toute mon énergie dans le pédalage; je gagne un temps précieux dans cette portion, pour éviter les bouchons dans le single suivant. Le circuit n'est pas difficile, avec des chemins hyper roulants, seulement 100 mètre de D+, mais lorsqu'on est à fond, c'est une autre affaire! :-)

Tellement à bloc que ça fait rire Soazig, du GC Kerhuon! :-)

 
La dernière partie, tout en faux-plat montant, s'avère bien plus redoutable qu'à la reco! Là c'est au mental qu'on peut tenir, les pulsations cardiaques bien hautes; mais aujourd'hui les jambes répondent bien.
Au 2ème tour, j'ai l'impression d'aller moins vite et pourtant ce sera mon meilleur temps. Vers la fin, quand je suis vraiment au taquet, je pense à Youenn qui doit vivre un sale quart d'heure, et cela me donne des ailes!

 
D'ailleurs on se bat tous pour lui maintenant: on a hâte d'avoir de ses nouvelles et on espère fort qu'il pourra revenir demain.
Ce n'est pas évident de tourner à 8 mais on se débrouille pour organiser les rotations de nuit.
Laura fait d'excellents temps au tour.
Avec les autres filles du cyclo-cross (Maëva, Julie, Amélie) on est au coude à coude! :-)
C'est d'ailleurs leur équipe quimpéroise qui est première en catégorie mixte et même dans le top 10; ils ont de sacrés clients avec Seb Le Naour et Yann Le Quéau.
En tête c'est bien sûr l'équipe CycleExperts qui a une large avance, le record du tour étant détenu par Tony Periou! Il y a également Mickael Crispin, Erwan Goasguen, Guillaume Calves... Bref, que des très forts!
Phil est en forme: il tourne environ en 16'40, soit comme son copain Jean-Michel Huby. :-)

 
A noter que ce dernier est en équipe mixte de 6, avec des costarmoricains mais aussi Emeline Gaultier qu'on a plaisir à retrouver! Ils sont eux aussi dans le top 10.
De notre côté ça remonte encore, vers la 12ème place, ce qui parait incroyable, vus nos déboires du début de course...
Petit coucou de Garlan et de sa fille Anaëlle qui a excellé en équipe cadette avec sa copine Maëva; eux aussi s'inquiètent pour Youenn mais on n'a toujours pas de news...
La soirée arrive vite: certains dégustent les plateaux-repas qui sont meilleurs que l'année dernière, d'autres préparent les lampes sur les vélos et les casques.
On apprend que c'est bien le lapin (ou panthère) rose qui a fait tomber Youenn.
Alex B. déclare que la chasse au lapin rose est ouverte! :-)
Ils ont également un Tigrou, mais ce n'est pas notre cible...
Les nouvelles sont plutôt bonnes pour Youenn: rien de cassé, les cervicales sont OK après le scanner.
Cela nous fait du bien!

Les relais de nuit ont commencé: comme d'habitude, j'ai du mal à gérer la pénombre malgré mes puissantes lumières, avec de l'appréhension dans les virages, mais ça passe; c'est plaisant quand même, surtout qu'on a une météo clémente... pour l'instant.
C'est une ambiance de folie qui règne sur le site avec un show de Freestyle impressionnant et un grand feu d'artifice.
Et qui voilà qui débarque nous voir? Le Naour qui a un peu soif! Il entre directement dans le camping-car; je pense qu'il a envie de faire un câlin à Phil et on s'occupe donc rapidement de lui trouver une bière, ce qu'Alex B. lui fournit dans la minute, et de la belge, évidemment!
Je me couche vers 2h15, espérant dormir un peu maintenant qu'on est au chaud et au sec dans le camping-car (les autres années c'était compliqué de trouver le sommeil, en mode plus roots).
Réveil vers 6h: j'ai bien fini par m'endormir mais que c'est dur de se lever!
Un muffin Overstims avalé (les nouveaux Gatosports; ils sont délicieux!), et je m'échauffe sur le HT.

7h10: c'est parti pour un nouveau tour. Le terrain est encore bien sec, c'est étonnant. Je trouve mon rythme et embraye dans le fameux champ "qui ressemble à rien" où j'aime bien doubler; je passe justement devant un Trecoboy tout de bleu vêtu, qui chauffait le moteur lui aussi. Il repasse devant moi peu après et me traînera dans son sillage, m'encourageant et m'attendant de temps en temps, jusqu'à la fin, trop sympa!
Mon 2ème tour est moins bon, n'ayant pas trouvé de copain cette fois-ci.
8h: une belle surprise pour le Team, avec l'arrivée de Youenn...en vélo de route! Et oui son camion était resté au campement!
Il va bien, mis à part un bon mal de tête, et on lui a promis au minimum le tour d'honneur final!
Mais Youenn est un guerrier au mental d'acier; il n'avait pas du tout envie de rester à l'hôpital, et dès qu'il a eu le feu vert, et il est revenu ici!
Par contre, on ne sait pas s'il n'a pas pris un petit coup au cerveau car il maintient que le lapin était une panthère rose, et que sa queue se serait coincée dans ses rayons!
Les spéculations vont bon train mais après vérification auprès de l'équipe Breizh Bikes, il s'agit bien d'un lapin rose, en Fat, et en plus il n'est pas la cause de la chute collective: ce serait un autre gars devant lui qui aurait cassé sa chaîne et fait un gros écart!
Toutes nos excuses au lapin rose...
Bref, une énorme malchance pour les victimes. Et il y en a eu d'autres plus tard sur le circuit...
Notamment dans la descente en S où un vététiste a dû être évacué; les secours étaient présents et Alex B. déboulait alors à pleine vitesse en criant "dégageeeeeeez !!!", pensant avoir affaire à des djeun's éméchés (comme tous les ans durant la nuit), alors que c'était une secouriste! Oups...

8h30: une pluie orageuse se met à tomber sur le bois de Kéroual.
On va dire que cela ne nous désole pas trop, tellement nous sommes contents d'être à nouveau 9.
La plus heureuse, c'est Laura, la cyclo-crosswoman, qui se retrouve dans son élément! :-)
Nous avons poursuivi notre remontée au classement, oscillant entre la 7ème et la 8ème place: incroyable! On se bat pour la 1ère place en mixte avec les quimpérois/ses.
C'est alors que Youenn, presque tout frais, nous réalise des temps canons, malgré le terrain fortement dégradé par les précipitations.
Et on pointe finalement à la 6ème place!

Autour de la table, au campement, ça discute entraînement: c'est chouette d'avoir tant de diversité dans le club, entre la piste, la route, le VTT, le cyclo-cross, et maintenant le triathlon!
Midi approche, la pluie cesse.
Il est temps de mettre en route le barbecue, afin de cuire le lapin rose les travers de porc et autres saucisses.

Je repars pour mes 2 derniers tours. J'aurais dû faire une petite sieste car je n'ai plus de jus du tout: le cardio est au ras des pâquerettes et je suis "collée" avec la boue qui a fait son apparition.
Ce n'est pas grave; il faut profiter à fond!
A noter que c'est la 1ère fois en 12 participations que Phil et moi terminons sans maux de dos ni irritations au séant: merci les Scott Spark! :-)

15h07: c'est la fin de ces 24h avec l'arrivée triomphale de Mickaël Crispin chez les CycleExperts!
Le défilé des équipes est toujours un beau moment convivial; la plus remarquée est celle des filles de Liv by Giant: elles sont au top avec leurs belles tenues et leurs fleurs! Bravo pour leur performance!

De notre côté nous avons géré pour conserver notre avance avec 79 tours parcourus au total.
On est très heureux de remporter ces nouvelles chouettes en catégorie 7à9 Mixte!
Bravo également à l'équipe de Jean-Michel Huby juste derrière nous et 1ers en 4à6 Mixte; ils ont beaucoup de mérite.


Tous les résultats sur RaceUp.

L'article du Télégramme.


Remerciements chaleureux:
- au Club de Guilers VTT Nature: organisateurs, bénévoles, vous êtes supers!
- aux photographes qui nous laissent de beaux souvenirs (LC29 notamment)
- au Team Armorique: coureurs, amis, familles, le DS Pascal, pour les excellents moments passés ensemble!
- à Stéphane Gourmelon, le super coach qui m'aide à progresser vers les objectifs
- à nos partenaires matériels: Veloland Lannion au top pour les réglages des Scott Spark, Asterion Wheels pour ses roues d'exception

Enfin, nous souhaitons le meilleur rétablissement possible à Pauline Sabin Teyssedre, qui participe aux Championnats Masters comme moi (championne du Monde en cyclo-cross à Mol) et qui s'est fait renverser par une voiture lundi, en vélo de route. :-(
Marre des chauffards...
http://www.ladepeche.fr/article/2017/05/30/2584418-championne-monde-cyclo-cross-renversee-voiture.html

dimanche 21 mai 2017

3h VTT en duo à St-Renan: à deux, c'est mieux!

Après une semaine de récupération, on a choisi de participer aux 3 heures VTT de St-Renan en duo.
Ces épreuves ludiques, sans stress ni enjeu, sont toujours agréables à faire.
J'en avais profité pour faire réviser mon Scott Spark chez Veloland, où l'expérimenté Eric Pommelet a su apporter les modifications nécessaires pour que je retrouve la position que j'avais en semi-rigide.
J'ai vu rapidement la différence: là où le vélo avait tendance à cabrer et l'arrière à "riper", j'ai pu passer en plaquant beaucoup mieux l'avant, aussi grâce à un pédalage plus efficace avec des appuis plus verticaux.
Cette petite course était donc l'occasion de tester à nouveau, même si les pourcentages de côte étaient moins forts qu'au championnat de Bretagne.
Vu la durée du tour (entre 10 et 12 mn), on a préféré partir pour 2 tours chacun.
On s'est vraiment fait plaisir, dans une excellente ambiance avec tous les finistériens venus faire un peu de rythme avant l'épreuve phare du Finistère nord, à savoir les 24h VTT de la Chouette guilérienne, à laquelle nous participerons à nouveau avec le Team Armorique, en équipe de 9 mixte!
Un autre duo du Team était présent avec Youenn et Alex Jacq qui roulent fort.
C'est le tandem Tony Periou (champion de France espoir de CX) / Ti Ju Lamour, qui remporte la course.


De notre côté nous gagnons en mixte; les autres duos n'ayant pas démérité!
Merci au St-Renan Iroise Vélo pour cette organisation parfaite, les cadeaux sympas pour le podium et les photos!

Le VTT, ce n'est pas qu'un sport individuel! :-)


mardi 16 mai 2017

Championnat de Bretagne VTT XC à St-Germain/Ile: pas en forme :-(

Ce week-end, nous avions rendez-vous dans le 35, à St-Germain sur Ille, où se tenait le Championnat de Bretagne de VTT XC avec tous les cadors de la discipline.
Arrivés le samedi, on découvre un très joli site le long du canal, avec péniches et écluses.
On a quelques difficultés à faire la reco du circuit car rien n'est fléché!
Heureusement, on nous donne les indications notamment pour trouver l'entrée dans le 2ème sous-bois.
Étonnant pour un championnat qu'il n'y ait aucune information...

Le parcours est vraiment top, très sélectif et complet: du D+, parfois très raide avec de redoutables montées en épingle qui ont parfois peu d'accroche, des descentes pas trop difficiles mais nécessitant de bons réflexes, des dévers, des portions roulantes, un peu de bitume, du champ... bref il devrait plaire au plus grand nombre.
On passe une bonne soirée le long du canal avec le camping-car.
Le lendemain, on patiente tranquillement durant la matinée puis c'est le départ des Master40 et juniors, vers 12h30.
J'y retrouve Betty qui fait l'assistance à son papa.
En première ligne, nous avons les favoris avec JY Rannou, Eric Pommelet, Jérôme Le Parc, Christophe Millau et bien sûr Hervé Prud'homme.

Phil nous fait un excellent départ, en étant capable de suivre les tout meilleurs et restant un bout de temps vers la 7ème place.
Il se surprend lui-même mais hélas il ne tiendra pas toute la course à ce rythme: manque de jus dû principalement à un déplacement pro au Portugal pendant 3 jours; et oui ce n'est pas de tout repos!
Le point positif c'est qu'on voit sa nette progression.
Il est évidemment déçu de son résultat final (13ème au scratch) mais tout cela va payer... pour les prochaines échéances!
Un grand bravo à JY Rannou, champion de Bretagne Master40 devant Eric qui était en tête mais a cassé sa chaîne et Jérôme Le Parc. Hervé rempile pour un nouveau maillot en Master50! :-)




Crédit photos: A&A Photographie
La journée est encore longue.
A 14h, la course des cadets/cadettes démarre, avec un peu de retard mais moins que tout à l'heure.
La jeune finistérienne Anaëlle fait une belle course en terminant 3ème, malgré une crevaison (il y a des morceaux de verre au début du circuit!), épreuve remportée par Laurie Vezie, comme son frère Valentin, vainqueur chez les juniors!
Peu après, je retrouve Betty pour faire une dernière reco de la 2nde boucle du circuit ensemble.
Elle pense n'avoir pas les pneus adaptés avec ses Medusa et de mon côté je me dis que le Thunder Burt ne va avoir aucune accroche vues certains taquets rendus glissants avec la glaise...
Betty passe partout; j'ai du mal à la suivre! J'espère que j'aurai une meilleure forme tout à l'heure...
Une fois la boucle finie, il nous reste à finir l'échauffement en vue du départ, enfin!
15h35: départ pour les filles dans une bonne ambiance.
Pour une fois je ne le rate pas trop et me place environ 5ème.
Je suis un peu stressée dans le premier sous-bois avec ses singles techniques; je commets quelques fautes mais parviens à passer Caroline la 2ème junior puis nous remontons peu à peu. Marine est plus technique que moi; je sens qu'elle va me doubler sous peu.
Finalement, on attaque le 2ème sous-bois à 3, avec Marine et Maëva.
J'ai un peu la pression et manque de concentration sur les virages en épingle. Je fais à nouveau des erreurs et les filles passent logiquement devant. Ensuite, je sens que je lâche mentalement, constatant que je n'ai pas l'énergie de dimanche dernier aujourd'hui... :-(


Crédit photo: Patrick Theffo 


Crédit photo: A&A Photographie  

Les élites commencent à revenir par derrière. Les premiers survolent littéralement la course. D'autres favoris ont moins de chance avec des crevaisons et problèmes mécaniques à foison...
De mon côté ça ne va pas fort; voyant que mon pneu arrière n'a aucune accroche (je laisse du jus dans tous les taquets), je m'arrête pour le dégonfler; ça va mieux après mais je note dans ma tête de repasser à un modèle plus cramponné.
Peu après, j'entends des bruits métalliques bizarres au niveau du cadre; je poursuis un peu quand tout à coup, je vois l'axe de ma roue avant s'en aller tranquillement vers la gauche!
Arrêt immédiat: j'essaie de revisser l'axe mais impossible de le serrer sans clé.
Je poursuis prudemment la descente et roule tranquille jusqu'à la zone de dépannage.
Là heureusement une personne me prête une clé et on peut resserrer tandis que Phil arrive à la rescousse.
Allez, c'est reparti; encore 1 ou 2 minutes de perdues... :-(
Au dernier tour, en changeant les vitesses dans une côte, la chaine retombe et se coince au niveau du dérailleur! Quelle misère; là encore je perds du temps mais on n'est plus à une minute près...
La suite se passe comme si je n'étais plus dans la course: je suis déjà en train de penser à "l'après", au lieu de me concentrer sur le pilotage. Malgré tout je m'en sors mieux sur certains passages. Sur la fin, un trio de cadors me double sur le bitume, emmené par le revenant Seb Le Naour qui ne manque pas de me tirer la langue au passage! :-)
Je termine laborieusement l'épreuve à la 5ème place, déçue, mais cela reflète mon niveau de forme aujourd'hui et j'ai subi les aléas de la mécanique...
En Elite, c'est Miguel Fillaut, toujours au top, qui gagne suivi de l'excellent Anthony Rallé. Dommage pour Antoine Le Coq qui a de nouveau eu des gros pépins mécaniques. Bravo au finistérien Adrien Milin pour sa victoire en Espoir!

A l'arrivée, ça fait plaisir de rediscuter avec Betty, 2ème derrière Anaïs, très forte, et avec Paul Foulonneau, toujours aussi cool et rigolo, puis Marine, 3ème, qui prépare le Raid Les chemins du soleil.

Nous rentrons en Côtes d'Armor un peu désappointés, mais contents d'avoir roulé sur ce beau circuit très exigeant, et d'avoir découvert un coin vraiment bucolique, où il nous plairait de revenir en famille...